Le coach pour un séjour équestre à l’étranger m’a coupé net au Centre Équestre La Dehesa, en Espagne, quand la poussière a sauté sous les sabots et que le trot a disparu. Je suis parti pour sauter, pas pour refaire du pas et des cercles. À 47 ans, depuis Mulhouse, dans le Haut-Rhin (68), j’ai surtout voulu comprendre si ce surcoût était vraiment justifié. En vingt minutes, j’ai compris que le tri des défauts de base passait avant le reste, et je vais te dire pour qui ce surcoût se justifie, et pour qui c’est un piège.
Au début je voulais surtout progresser vite sur le saut, mais il a fallu redescendre aux fondamentaux
Je suis parti avec l’idée d’aller droit au but. Avec mes deux enfants désormais adultes, je garde plus de souplesse dans l’agenda, mais je regarde encore chaque dépense avant de réserver un stage. De mon côté, j’ai pris l’habitude de noter ce qui tient, et ce qui sonne faux dès la première reprise.
Avant ce séjour, je voulais surtout travailler le saut et mes figures. Je me voyais déjà sur un petit enchaînement propre, avec des abordes plus nettes et un cheval qui me suivait sans résistance. J’avais en tête quelque chose de visible, pas une séance qui me renvoie au pas et au trot sur un cercle de 20 mètres.
Mon erreur a été simple, et un peu bête. Je n’ai pas dit franchement mon niveau réel, alors je me suis retrouvé sur un cheval trop simple pour ce que j’espérais travailler. La séance a pris une tournure basique, avec un cheval de location que je ne connaissais pas, et j’ai d’abord trouvé ça vexant.
Le choix du coach privé venait aussi de là. Dans un centre étranger, je voulais un regard qui filtre les consignes et évite la perte de temps quand la langue accroche. J’avais déjà vu, sur d’autres séjours, que le collectif laisse vite passer les petits défauts, surtout quand on change de cheval à chaque reprise.
En 2010, j’ai commencé à noter ces séjours, et j’ai gardé ce réflexe ici. Je voulais aller vite, puis j’ai compris que le cheval se défendait parce que je lui demandais trop tôt le spectaculaire. Le point qui m’a agacé, c’est que le coach avait raison plus vite que moi.
Ce qui fait vraiment la différence, c’est ce coaching ciblé sur l’équilibre, le rythme et la rectitude
La première séance m’a ramené au trot sur un grand cercle. Le coach me faisait reprendre la même courbe, encore et encore, jusqu’à ce que ma jambe intérieure cesse de pousser de travers. J’ai senti la différence quand je me suis remis dans la selle, sans rebond sec, avec un rythme qui cessait de s’éparpiller.
Il m’a fait reprendre une ligne droite après la courbe, parce que l’épaule extérieure glissait. Ce détail, je ne le sentais pas seul, et c’est là que le regard du bord de piste compte. Au bout de quelques passages, le cheval a cessé de tomber sur l’épaule intérieure et son encolure s’est libérée sur le cercle.
Le signal le plus net, je l’ai eu dans la bouche du cheval. Il s’est mis à mâchonner le mors, puis à déglutir franchement quand le contact est devenu plus juste. J’ai été convaincu à cet instant que je le tenais moins, mais que je le perdais moins aussi.
J’avais confondu vitesse et impulsion. Quand j’ai voulu aller plus vite, le cheval s’est précipité, les transitions sont devenues sales, et l’abord du petit obstacle s’est aplati. Le coach m’a demandé de garder la jambe sans fermer la main, puis de laisser le cheval souffler plus fort et s’étirer.
Le vrai tournant est venu quand il a filmé une reprise et m’a montré l’image sur son téléphone. J’avais les mains plus hautes que dans mon souvenir, et mon buste fuyait dès le premier coin. Dans mon travail, j’ai pris ça comme un rappel simple : à cheval, ce qu’on croit faire ne ressemble pas toujours à ce qu’on fait.
Après ce passage, j’ai abordé le saut avec moins de tension. Je n’ai pas cherché à forcer le cheval dans l’obstacle, j’ai laissé le galop venir plus rond. Le résultat m’a paru plus propre, avec une entrée moins hachée et une sortie qui cessait de me secouer les épaules.
Quand ça coince : mes doutes sur l’utilité du coach et les limites rencontrées
Il y a eu un moment où la séance m’a paru tourner en rond. Le coach restait au bord de la carrière et ne montait pas le cheval, alors il voyait le symptôme mais pas la cause. J’ai fini par me dire qu’un commentaire, même juste, ne remplace pas une vraie prise en main quand le problème vient du cheval lui-même.
Le supplément m’a aussi agacé par sa note. J’ai payé 30 euros pour une séance privée, et sur un séjour déjà chargé, ça se sent tout de suite. Quand on additionne deux ou trois séances, la facture grimpe vite, et le bénéfice doit être net pour ne pas laisser un goût amer.
La langue a créé une autre friction. Un mot mal traduit sur le contact m’a fait perdre 15 minutes, parce que le coach parlait d’ouvrir la main quand le moniteur local comprenait tenir l’allure. Sur le moment, la reprise s’est figée, puis chacun a corrigé sa phrase au lieu de corriger mon travail.
Le collectif, lui, m’a laissé froid à plusieurs reprises. Quand la séance devient trop partagée, les corrections individuelles arrivent trop tard, et tout le groupe repart avec la même consigne vague. Sur une sortie en extérieur de 12 kilomètres, ce coaching-là ne m’a presque rien apporté, et je suis rentré avec l’impression d’avoir payé pour être seulement observé.
Je garde aussi une limite très claire. Si je sens qu’un cheval est gêné, qu’il se ferme d’un coup ou qu’il refuse sans logique, je laisse le centre gérer la suite, et je ne m’entête pas en cavalier malin. Pour ce genre de cas, je préfère qu’un moniteur du lieu ou le vétérinaire du centre prennent le relais.
Ce que j’en dis, et à qui
POUR QUI OUI : je le vois bien pour un cavalier intermédiaire ou avancé, sur un séjour court de 4 ou 5 jours, avec un cheval de location qu’il découvre au premier abord. Je le vois aussi pour quelqu’un qui accepte de faire deux séances ciblées plutôt qu’une série de cours flous, et pour un cavalier qui veut corriger un défaut précis, comme la jambe qui pousse de travers ou la main qui remonte. Je l’ai appris à mes dépens : le bon format n’est pas celui qui flatte, mais celui qui tranche vite dans le vif.
POUR QUI NON : je le déconseille au débutant complet qui espère surtout voir du saut sans repasser par le trot et les transitions. Je le déconseille aussi à celui qui veut du spectaculaire tout de suite, ou à celui qui part surtout pour une randonnée montée avec peu de répétitions. Dans ces cas, le supplément me paraît trop cher pour un bénéfice trop mince, surtout si le coach reste au bord de la piste sans monter le cheval.
J’ai aussi essayé d’autres voies dans ma tête, puis sur le terrain. Le cours collectif me laisse trop de bruit autour de moi, la vidéo au téléphone m’aide à voir un buste penché, mais elle ne corrige rien seule. Le petit ajustement à pied avant de remonter, lui, a changé la suite du séjour, parce qu’il a remis l’objectif au centre au lieu de courir après le saut.
Mon verdict : au Centre Équestre La Dehesa comme ailleurs, je paie ce coach quand je veux un tri rapide des bases, un équilibre plus net et un cheval plus clair dans ses réponses. Pour quelqu’un qui accepte de redescendre au pas et au trot avant de repartir au galop, le coût passe mieux. Pour moi, c’est oui quand le travail est ciblé, et non quand la séance reste générique, trop collective, ou déconnectée du cheval du jour.



