La selle que j’ai louée au Portugal m’a scié après deux heures

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La selle de location m’a scié la cuisse droite dès le retour au pas, sur la piste poussiéreuse de Quinta da Mare, au Portugal. Je suis parti pour une balade de 3 heures avec un lusitanien calme, et j’ai noté chaque gêne dès les premières minutes. Sur le terrain, marié et père de deux enfants désormais adultes, j’ai gardé mon carnet dans la poche du gilet et j’ai regardé le matériel comme je le fais avant chaque séjour sportif.

Comment je me suis retrouvé avec cette selle et ce que j’ai vérifié avant de partir

Je me suis retrouvé à Quinta da Mare parce que le centre imposait sa propre selle sur les chevaux de sortie. J’avais choisi une balade encadrée, avec un lusitanien bien dressé, et je n’avais pas la possibilité de changer de matériel en cours de route. Mon niveau d’équitation est intermédiaire-avancé, et je monte assez pour sentir vite une selle qui tourne, qui glisse ou qui pince. Là, je savais que je devais composer avec ce que j’avais sous moi.

Avant de monter, j’ai passé la main sur le cuir. Il grattais un peu et sonnait sec sous mes doigts, comme une pièce oubliée au soleil. J’ai aussi palpé la matelassure, surtout le côté droit, en glissant la main sous le quartier. J’y ai senti un creux discret, presque rien à l’œil, mais net au toucher. Le sanglage était déjà serré, et j’ai préféré ne pas forcer davantage pour éviter que la selle ne parte de travers.

Dans mon protocole de test, j’ai fait un test au pas pendant 5 minutes dans la cour, puis un second tour au trot enlevé. Je voulais voir si la selle restait stable avant d’attaquer le terrain vallonné. J’ai été convaincu, sur le moment, que ça tiendrait au moins jusqu’à la première pause. Le siège me paraissait large, et le cheval avançait sans brusquerie.

Au fil du temps, j’ai vu que ce type de détail se joue vite. Au fil des ans, j’ai pris l’habitude de mesurer le confort au premier appui, puis au premier trot assis. Je pensais tenir 2 heures sans difficulté, parce que je monte encore avec une vraie marge de tolérance. Avec mes deux enfants désormais adultes, j’ai appris à ne pas banaliser une gêne qui revient au même endroit.

L’instant où j’ai vu que ça n’irait pas

La sortie a duré 3 heures, avec un terrain vallonné, des montées courtes et des reprises au pas entre deux séquences de trot enlevé. Pendant la première heure et demie, j’ai trouvé la selle acceptable. Je sentais bien le cuir un peu rigide, mais rien de franchement gênant. Le lusitanien restait régulier, et je ne me crispais pas encore. J’ai même pensé que la séance passerait sans histoire.

Au bout de 2 heures, en reprenant le trot après une pause de quelques minutes, j’ai senti une brûlure nette sous la fesse droite. Le même point revenait à chaque foulée, comme un appui trop dur qui réveillait la peau. J’ai eu l’impression d’une sciure fine sous le siège, puis d’une douleur sourde qui montait à chaque reprise. J’ai été frappé par la rapidité du basculement, parce que rien ne m’avait prévenu aussi clairement avant cette reprise.

Le premier signe, je l’avais sous-estimé. Le siège devenait glissant avec la chaleur et la sueur, et je devais me réinstaller à chaque foulée. J’ai aussi senti, par moments, un léger pincement au haut de cuisse quand le quartier travaillait contre ma jambe. La selle avançait un peu sur l’encolure du cheval, puis revenait, et cette petite oscillation me forçait à compenser avec mes adducteurs. Le corps encaissait à la place du siège.

Je me suis senti coincé par ma propre hésitation. Je voyais bien que le problème venait du matériel, mais je n’ai pas demandé tout de suite une autre selle au guide. Je ne voulais pas casser le rythme du groupe pour ce qui ressemblait encore à un inconfort supportable. Sur place, je savais aussi qu’un changement n’était pas simple, et cette contrainte a prolongé ma gêne pendant le reste de la sortie.

Ce qui m’a trompé, c’est le calme du début. J’ai accepté une selle trop sèche sans demander un autre modèle ni un tapis plus adapté, et j’ai laissé passer le petit glissement initial. J’ai aussi serré le sanglage plus que nécessaire sur les derniers réglages, en pensant calmer le mouvement. Mauvais calcul. Le point dur sous la fesse droite s’est installé, puis la brûlure est revenue à chaque trot assis. Je n’avais plus le même bassin, ni la même jambe.

Ce que j’ai mesuré et observé sur la selle après la sortie

Après la sortie, j’ai retourné la selle pour regarder ce que je n’avais pas vu avant de monter. Le côté droit montrait une matelassure tassée, invisible au premier coup d’œil mais évidente sous la paume. J’ai senti un creux plus marqué que l’autre côté, juste sous l’assise. Le cuir était resté sec, presque rêche, et le bord intérieur du siège avait une petite dureté que je n’avais pas relevée au départ. J’ai aussi vu une couture un peu saillante à droite, pile là où ma cuisse avait fini par chauffer.

À la descente, j’ai passé la main sur ma peau et j’ai trouvé la marque rouge en demi-lune à l’intérieur de la cuisse droite. La zone était chaude, nette, sans doute parce que la pression s’était concentrée sur un seul point pendant une bonne part de la balade. J’ai noté ça tout de suite, parce que la forme de la marque racontait mieux la séance que mes mots. Quand je suis remonté en selle plus tard pour vérifier, j’ai retrouvé la même sensation de point dur au trot.

Je compare toujours avec ma selle personnelle, parce que c’est mon repère le plus simple. La mienne a une matelassure plus régulière et un cuir plus souple, et je peux rester 3 heures sans avoir ce pincement localisé. Là, la différence venait moins du cheval que de l’appui sous mon bassin. Sur ma selle à moi, je ne cherche pas ma place à chaque foulée, et mes jambes restent plus libres.

J’ai aussi revu mentalement le début du parcours. Le pontage m’a paru possible sur ce dos court, parce que la selle portait mal et concentrait la pression au milieu après les 2 premières heures. Ce n’était pas visible depuis la cour, mais je l’ai senti dès que le trot assis a repris. C’est le genre de détail que je note maintenant sans attendre la fin.

Mon verdict sur cette selle de location et ce que je ferais autrement

Mon verdict est net : dans ces conditions, la selle m’a provoqué une gêne douloureuse au bout de 2 heures, et la gêne a monté jusqu’à me changer la façon de monter. J’ai retrouvé les mêmes signes que sur d’autres locations fatiguées, avec un siège dur, un cuir sec et une pression asymétrique à droite. La sortie n’a pas été gâchée du début à la fin, mais mon confort a chuté dès que le trot est redevenu soutenu.

Sur une balade d’un peu plus d’1 heure, au pas ou au trot enlevé, cette selle peut encore passer. Dès que la sortie dure et qu’elle enchaîne du trot assis, le risque de brûlure devient réel. Si je vois un cuir sec, un siège qui glisse et une matelassure tassée, je ne prolonge plus. Je passe mon tour ou je demande un autre montage.

La prochaine fois, je demanderai un modèle plus large et mieux matelassé avant de quitter la cour, puis je le testerai au pas et au trot avant de partir sur le terrain. J’ai compris qu’une vraie vérification de 5 à 10 minutes m’évite une heure de crispation plus tard. J’ajouterai aussi une pause à pied dès que le premier point de brûlure apparaîtra, parce que c’est là que la sortie peut encore rester lisible. Si la peau reste marquée ou chaude au retour, je ferai regarder la zone par un médecin, sans attendre le lendemain.

Depuis Quinta da Mare, je ne regarde plus une selle de location comme un simple accessoire. Je la pèse à la main, je la teste avant de partir, et je ne laisse plus passer un petit glissement qui annonce un vrai problème. L’expérience m’a appris que le détail qui compte n’est pas celui qu’on admire sur la cour, mais celui qui tient après 2 heures. Et je suis rentré avec cette idée-là, bien plus nette que la trace rouge sur ma cuisse.

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