J’ai roulé mes affaires en sacs de compression, mon bagage a fondu de moitié

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Sur la table du salon, la fermeture du premier sac Eagle Creek a grincé sous ma paume, juste à côté de ma Samsonite cabine ouverte. Je me suis retrouvé un samedi matin avec une pile de vêtements sportifs qui montait à 14 cm, puis tombait à 4 cm après compression. À 47 ans, je suis Alain Dufour, rédacteur du magazine Gsl Sejours, marié et père de deux enfants désormais adultes, et j’ai voulu vérifier ce que valait ce gain en voyage réel. J’ai pris mes pulls, mes t-shirts techniques et mes bas de randonnée, puis j’ai lancé le test.

Comment j’ai préparé et réalisé ces deux rangements

Je suis parti sur une valise cabine de 55 x 40 x 20 cm, donnée pour 38 litres, avec deux sacs Eagle Creek de tailles M et L. J’ai choisi une fermeture à double zip et une valve manuelle, parce que je voulais voir le comportement du sac sans pompe. J’ai glissé dedans des pulls fins, deux polaires, six t-shirts, un bas de randonnée, des sous-vêtements techniques et une chemise légère.

J’ai installé tout ça sur la grande table du salon, pendant que mes deux enfants désormais adultes passaient prendre un café et contournaient les piles. Pour le premier essai, j’ai roulé librement chaque pièce, puis j’ai fermé la valise en 18 minutes, chrono en main. Pour le second, j’ai regroupé par couche, j’ai appuyé avec la main puis avec le genou pour faire partir la dernière poche d’air, et j’ai terminé en 23 minutes. J’ai noté le poids avant et après sur ma balance de salle de bain, à 9,8 kg dans les deux cas.

Je voulais vérifier trois choses très simples : le volume gagné, le temps perdu au pliage et l’état des tissus au déballage. Avec mon profil de voyage sportif, je garde toujours un oeil sur la séparation propre/sale, sur les textiles qui marquent vite et sur le poids total à ne pas dépasser. J’ai aussi voulu voir si la valise fermait sans forcer, parce que je déteste devoir m’asseoir dessus au dernier moment.

Ce que j’ai constaté au moment de fermer la valise et après quelques jours

Quand j’ai serré le second sac, j’ai été frappé par la forme. Le sac devenait une brique molle, avec les coutures qui tiraient juste ce qu’il fallait sans éclater. Le petit bruit d’air qui s’échappe encore quand on passe le curseur sur la double fermeture et qu’on croit avoir fini, je l’ai entendu deux fois de suite avant d’accepter que le vide n’était pas parfait. La valise a fini par se fermer à plat, et ce couvercle qui ne bombait plus m’a paru plus parlant que n’importe quelle promesse.

Sur mes deux essais, j’ai récupéré 16 litres sur les vêtements mous, et la pile compressée est passée de 13 cm à 4 cm. Le poids n’a presque pas bougé, j’ai retrouvé 9,8 kg sur la balance dans les deux cas. Là, la différence était nette : j’ai gagné de la place, pas du lest. Mon sac à roulettes n’a pas cessé d’être lourd, mais j’ai pu rentrer une seconde paire de t-shirts sans tordre la coque.

Au bout de 24 heures, j’ai vu une micro-fuite sur un zip que je n’avais pas repassé deux fois. Le sac avait repris un peu d’air, juste assez pour regonfler un coin, et ça m’a agacé parce que la valise gardait une bosse discrète. J’ai aussi retrouvé un t-shirt mal sec avec une odeur de renfermé plus forte à l’ouverture, et là je me suis rappelé que ranger des vêtements encore tièdes ou humides, c’est la garantie de retrouver une odeur de renfermé qui gâche tout. Pas terrible. Vraiment pas terrible.

À l’ouverture, les tissus fins portaient des plis en accordéon, surtout une chemise légère et un sous-vêtement technique. J’ai dû secouer la doudoune deux longues minutes avant qu’elle retrouve du gonflant, et je l’ai laissée de côté parce que la compression l’avait trop marquée. Dans le transport, les sacs ont glissé dans la coque dès que la valise a été couchée, et j’ai dû tout remettre à plat à l’arrivée, avec mes deux enfants désormais adultes déjà en train de demander où étaient leurs chargeurs. J’ai compris qu’un rangement bien net à la maison ne survit pas à tous les chocs du trajet.

Le moment où j’ai réalisé que ça dérapait

Quand j’ai compris que ça n’allait pas le faire, j’ai voulu mettre trois polaires dans un seul sac. Le zip est parti de travers, la couture a travaillé et l’air ne sortait plus correctement, avec une bosse impossible à écraser au milieu. J’ai insisté avec la paume, puis avec le genou, et je n’ai obtenu qu’un paquet tordu qui refusait de se poser. Là, j’ai lâché l’affaire et j’ai séparé les couches.

À l’arrivée, j’ai ouvert un sac mal fermé et j’ai vu le volume reprendre presque tout son air en quelques heures. Les vêtements étaient froissés, déformés et un peu collés entre eux, avec une sensation humide au toucher sur un maillot que j’avais glissé trop vite. Je me suis senti bête, parce que j’avais laissé passer une fermeture mal reprise et un haut encore tiède. Si l’odeur avait persisté, j’aurais isolé la pièce et je serais passé par un professionnel du textile ou par un allergologue, pas par l’entêtement.

Je suis devenu plus strict sur le zip, et j’ai cessé de croire au vide total. J’ai réservé les sacs de compression aux pulls, aux polaires et aux sous-vêtements techniques, puis j’ai laissé un peu de souplesse sur les pièces volumineuses. J’ai aussi séparé le propre du sale par activité, parce que je fouillais moins au fond de la valise et que je retrouvais tout plus vite. J’ai appris à regarder ce genre de détail avant de trancher trop vite.

Mon verdict après une semaine de voyage sportif et mes conseils selon les profils

Au bout d’une semaine de voyage sportif, mon verdict est simple. J’ai mesuré un gain de volume de moitié sur les vêtements mous, avec 16 litres récupérés dans ma Samsonite cabine, et un poids global qui restait à 9,8 kg. Le temps de préparation, lui, a presque doublé, parce que j’ai passé 23 minutes au second rangement contre 18 au pliage libre. J’ai gagné de la place, pas du temps.

J’ai vite laissé tomber l’idée de compresser des jeans, des chaussures ou une doudoune pour toute la semaine. Sur ces pièces, le volume bouge peu et la fermeture fatigue plus vite, surtout quand le sac est trop bourré et que la couture travaille de travers. Avec les tissus fins, j’ai aussi vu les plis rester marqués jusqu’au soir, ce qui m’a fait préférer une séparation plus nette entre ce qui voyage comprimé et ce qui doit respirer.

Dans mon cas, ces sacs m’ont servi quand j’acceptais de passer quelques minutes à préparer ma valise et de séparer propre et sale sans tout mélanger. Quand je partais pressé, quand les tissus froissés me gênaient ou quand la cabine était déjà pleine, l’intérêt devenait beaucoup plus limité. Je les garde pour les couches souples et les séjours d’une semaine, pas pour tout le contenu. Sur ma table à Mulhouse, dans le Haut-Rhin (68), avec le lot Eagle Creek et la Samsonite ouverte, j’ai surtout appris à trier mieux que je ne compressais.

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