Mes chaussures de golf imperméables ont claqué dans la boue au premier départ de St Andrews Links, et la pluie fine me fouettait déjà le cou. Je suis parti avec l’idée simple de tenir 18 trous sans changer de paire. Dès les premières foulées, j’ai noté l’eau qui perle sur le cuir traité, pas une tache absorbée d’un coup.
Je me suis retrouvé à faire ce test pendant 7 jours d’affilée, avec une partie complète chaque jour. Mon travail de rédacteur du magazine me pousse à noter ce que je sens au déchaussage, pas ce que promet l’étiquette. J’ai aussi gardé en tête mes deux enfants désormais adultes, parce que partir une semaine entière ne se gère pas pareil qu’à d’autres moments de ma vie.
Comment j’ai passé une semaine entière sous la pluie écossaise avec ces chaussures
Je suis arrivé sur un parcours du bord de mer avec une pluie quasi continue et un vent qui rabattait l’eau de biais. L’herbe était haute dès la sortie du rough, les fairways gras, et la semelle prenait de la terre à chaque appui. À plusieurs reprises, j’ai vu la boue s’accrocher dans les reliefs des crampons avant même le retour au club-house.
Je joue en amateur régulier, avec des week-ends qui me laissent deux ou trois parcours par mois quand je rentre à Mulhouse, dans le Haut-Rhin (68). J’ai besoin d’un test réaliste, donc j’ai gardé la même paire de chaussettes techniques, le même pantalon de pluie et le même rythme de marche. Avec mes deux enfants désormais adultes, j’ai pu bloquer cette semaine sans tout bousculer à la maison.
Dans mon métier de rédacteur du magazine, je garde une fiche simple: météo, durée, état des crampons, sensation au pied, puis état extérieur de la chaussure. J’ai joué 18 trous chaque jour, puis j’ai pesé la sensation d’humidité au déchaussage, surtout au niveau de la malléole et de la pointe. J’ai aussi regardé si le col restait net ou si l’eau descendait par le haut après les traversées d’herbe détrempée.
Le matin où j’ai vu que ça coinçait
Le troisième jour, la pluie n’avait pas baissé d’un degré et le terrain ressemblait à un tapis gorgé d’eau. J’ai dû traverser un rough écossais si chargé que chaque pas relevait un peu d’herbe détrempée autour de la tige. C’est en traversant un rough écossais gorgé d’eau que j’ai senti ce filet froid descendre dans la chaussure, alors même que la pluie ne tombait pas directement dessus.
Au départ, j’ai cru à une simple sensation de fraîcheur. Puis j’ai retiré la chaussure après le 18e trou et j’ai vu la chaussette humide, alors que l’extérieur restait propre. La première trace se lisait à la pointe, puis un peu à la cheville, et j’ai compris que l’eau passait par le haut plus que par la membrane.
J’ai été frappé par le rôle du pantalon de pluie. Quand son bas gouttait dans le col de la chaussure, j’avais l’impression d’une fuite venue de la tige, alors que la semelle et les coutures n’avaient rien cédé. J’avais déjà testé des membranes imperméables sur d’autres chaussures, et j’ai fini par constater que la limite venait moins du cuir que du ruissellement mal guidé.
Ce que j’ai mesuré et observé au fil des jours sur la résistance et la sécheresse
Chaque soir, j’ai déchaussé mes chaussures sous la lumière du vestiaire, et j’ai regardé l’état du cuir ou de la tige synthétique. La surface restait marquée par la boue, mais elle ne paraissait pas imbibée. J’ai vu l’eau perler sur le dessus après un simple coup d’éponge, ce qui m’a rassuré sur la tenue de la matière.
J’ai noté un écart net entre l’extérieur et l’intérieur. Après 18 trous, la chaussure semblait encore légère en main, puis la chaussette révélait autre chose au niveau des orteils ou de la malléole. Après cinq jours, la chaussure s’était visiblement assouplie, mais j’ai constaté que la pointe de la chaussette était humide alors que le reste du pied restait sec, un signe clair de fatigue à la pliure avant-pied.
J’ai aussi surveillé la température à l’intérieur de la chaussure au moment de la marche prolongée. La chaleur piégée sous une chaussette en coton m’a donné une impression de pied mouillé, alors que l’eau n’entrait pas par la tige. La vraie gêne venait alors de la condensation interne, pas d’une rupture franche de l’étanchéité.
Ce que j’aurais dû vérifier avant de partir sous la pluie écossaise
J’ai compris trop tard que la taille comptait plus que je ne l’avais pensé. Quand la chaussure est trop juste, le petit orteil frotte dès la marche prolongée, puis la pluie accentue la compression et la gêne devient nette. Sur ce test, j’ai senti ce point dès le deuxième jour, quand la descente du fairway m’a rappelé que quelques millimètres changent la sensation.
- J’ai pris note du besoin d’une demi-pointure de marge quand je veux garder de l’aisance avec une chaussette technique.
- J’ai laissé de côté le coton après deux sorties, parce qu’il gardait le froid et brouillait ma lecture de l’humidité.
- J’ai brossé les crampons après chaque parcours, car la boue collée me donnait une impression de glisse au swing.
- J’ai vérifié la languette en soufflet, parce que ce détail bloque bien les ruissellements qui descendent par les lacets quand il est bien fait.
J’ai vu la différence dès que je suis passé à une chaussette en laine mérinos. Le pied garde une sensation plus stable, et je n’ai plus eu cette impression de froid qui monte à la cheville au bout d’un trou. Avec un synthétique respirant, le résultat reste proche, même si la laine m’a paru plus calme sur une marche longue.
Pour l’entretien, j’ai suivi un rythme simple dès mon retour au lodge. J’ai brossé la boue, j’ai laissé sécher sans chaleur directe, puis j’ai remis les embauchoirs dès que possible pour garder la forme de la tige. Quand j’ai négligé ce point un soir, la paire du lendemain semblait plus lourde et moins nette sous le pied.
En fin de compte, ces chaussures sont-elles faites pour affronter une semaine de pluie comme en Écosse ?
Je rentre de St Andrews Links avec un verdict net: la pluie d’en haut, pendant plusieurs parcours, n’a pas traversé la chaussure. Sur 7 jours, j’ai eu des pieds secs tant que l’eau ne passait pas par le col ou par le pantalon trempé. La tige a gardé sa tenue, et le cuir traité a continué à faire perler l’eau au lieu de l’avaler.
La limite est venue ailleurs. Dans l’herbe haute détrempée, l’eau a fini par entrer par le haut, et la boue dans les crampons a réduit l’adhérence avant toute histoire de fuite franche. J’ai aussi vu la pliure avant-pied marquer plus vite que prévu après cette série de marches, et je n’irai pas plus loin que ce que j’ai mesuré ici.
J’ai trouvé une vraie tenue sur plusieurs parcours, à condition de jouer sous la pluie, de garder les crampons propres et de choisir une chaussette adaptée. En revanche, l’herbe trempée jusqu’à la cheville reste un point de vigilance, parce que l’eau remonte vite par le haut. Si une douleur au petit orteil persiste ou si la gêne revient au déchaussage, je note le point et je m’arrête là. À St Andrews Links, je suis rentré avec une paire encore vivable, mais sans promesse absolue.



