J’ai pris le train de nuit pour rejoindre un stage de golf dans le Sud

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Le wagon a vibré quand j’ai posé ma housse de clubs contre la cloison, et l’odeur sèche du chauffage m’a pris au nez. Je suis parti de Mulhouse, dans le Haut-Rhin (68), avec une seule idée en tête, rejoindre au petit matin le practice du Golf de Saint-Donat. Je voulais voir si un train de nuit me laissait encore des mains assez souples pour jouer dès l’arrivée. Je savais déjà que le retour au quai me laisserait peu de marge.

Comment je me suis organisé pour tester ce train de nuit avec mon sac de golf

J’ai testé ce trajet sur 7 jours, avec un aller-retour calé sur une semaine de stage. La nuit m’a pris 8 heures porte à porte, avec un passage direct du quai au transfert. Mon niveau est intermédiaire, et je sais qu’un lever lourd peut me gâcher deux jours. Je voulais aussi éviter de transformer le stage en course contre la fatigue.

Ce métier m’a appris à regarder la fatigue dans les détails, pas dans les promesses. Quand mes deux enfants désormais adultes me voient partir tôt, je n’ai plus envie de perdre une matinée pour une chambre mal placée. J’ai donc traité ce train comme un vrai test, pas comme un caprice de voyage. Je me suis aussi méfié des petits pièges de rangement.

J’avais pris une housse rigide, les chaussures, une bouteille d’eau, un masque et des bouchons d’oreille. J’ai réservé une couchette basse dans une voiture de 4 couchettes, parce que la place compte dès que la housse prend de travers. J’ai dû rebasculer le sac de clubs de biais pour ne pas bloquer le passage. J’ai gardé le polo et le gant dans le haut du sac.

Le reste allait au fond, mais pas trop loin. Je voulais éviter la fouille dans le noir au réveil, quand le compartiment dort encore. Ce point m’a paru banal au départ, puis très concret à 6 h du matin. J’ai appris à le prendre au sérieux avant le départ.

Ce que je voulais mesurer, c’était le sommeil réel, les réveils et la raideur au lever. J’ai noté l’heure du premier bloc de sommeil, puis les interruptions pendant les arrêts. J’ai aussi suivi la manière dont mon premier practice répondait, balle après balle. J’ai gardé un compte simple sur 12 balles.

J’ai noté les épaules, les jambes et la nuque, parce que c’est là que le train se paie. Dans mon métier de rédacteur du magazine, je regarde toujours ce que la logistique fait au geste. J’ai aussi voulu séparer ce que je voyais de ce que j’imaginais. J’ai fini avec un carnet très court et des sensations très nettes.

Ce que j’ai vraiment dormi et ce que ça a donné sur mon premier practice

Le petit clac-clac des aiguillages et le bruit des freinages qui remontent dans la caisse juste avant l’arrêt en gare m’ont réveillé plusieurs fois. J’ai dormi 4 h 32 au total, par blocs de 20 minutes et de 40 minutes. La voiture est restée trop chaude au départ, puis plus fraîche vers l’aube, et j’ai été frappé par l’odeur sèche du chauffage. Chaque arrêt me rendait plus lucide sur la suite.

Je voyais aussi la lumière blanche du couloir sous la porte. Elle me tirait des yeux ouverts sans que je sois vraiment réveillé. J’ai fini la nuit avec une bouche sèche et une nuque déjà raidie. La sensation n’avait rien de théorique.

Au lever, j’ai ouvert la porte sur la lumière du quai, et j’ai compris que la nuit avait été plus fragmentée que prévu. Je me suis retrouvé à respirer l’air froid du matin avant même d’avoir rangé la couverture. Le passage du train au quai m’a servi de minuteur brutal. J’ai senti la journée commencer trop tôt.

Je me suis senti raide avant même le premier café. J’ai plié mes affaires sans réveiller le voisin de couchette. Dans cet espace étroit, chaque geste paraît petit, puis il devient encombrant. Le matin, je ne pouvais pas tricher avec le corps.

Pour me changer, j’ai sorti les chaussures de golf en premier, puis le gant, puis le pull. La housse restait haute et gênante, même rangée dans l’angle. J’ai compris que le vrai problème du matin n’était pas le trajet, mais le volume du sac. La logistique m’a pris plus de place que prévu.

J’ai marché à peine 3 minutes entre le quai et le transfert, puis j’ai rejoint le practice. Sur les 18 premières balles, mes contacts ont manqué de netteté. Le premier seau a montré des épaules hautes, et le second n’a pas effacé les jambes lourdes. La sensation restait grippée dans le corps.

Je compare avec mes arrivées en voiture ou en avion, où j’ai plus de marge avant le practice. Là, j’avais l’impression d’avoir déjà fait la route dans la nuit, mais pas encore récupéré la nuit. Le gain existait sur le plan du temps, pas sur celui du tonus. Le début restait brouillon, et c’est ce début qui compte.

Je ne sais pas si ce ressenti vaut pour un autre golfeur, mais chez moi la différence était claire. Après 3 passages au practice, mes frappes sont redevenues plus propres. Le premier enchaînement m’a paru lent, puis j’ai retrouvé un peu de relâchement. J’ai fini cette matinée avec moins d’illusions et plus de repères.

Le moment où j’ai compris que ça ne marchait pas comme je l’espérais

J’étais sûr de moi quand j’ai réservé la couchette haute, et j’ai payé ce choix dès la première montée. La voiture était proche des toilettes, et le va-et-vient dans le couloir a cassé la nuit par à-coups. La lumière blanche du couloir qui passe sous la porte de la couchette a suffi à me réveiller à chaque fois que quelqu’un passait. J’ai compris ce soir-là que la place change tout.

J’ai compté moins de 3 heures de sommeil réel. Le reste ressemblait à des somnolences courtes, avec des portes qui claquent au mauvais moment. Pas terrible. Vraiment pas terrible. Le réveil avait déjà un goût de demi-échec.

Au réveil, mon dos était crispé et mes mains mettaient plus de temps à se poser sur le grip. J’ai cherché mon tempo sur les premiers swings, puis j’ai perdu le rythme dès que j’ai voulu forcer. Les balles partaient plus basses, avec une sensation de coup de frein. Le swing se défendait mal.

J’ai senti la confiance se tasser, surtout sur les fers moyens. J’ai laissé trop d’énergie dans le premier mouvement. Le reste du geste a suivi moins proprement. Le train a encaissé mon impatience, pas mon relâchement.

Je n’avais pas pris de bouchons d’oreille ni de masque, et chaque annonce m’a tiré d’un sommeil qui revenait à peine. J’ai aussi laissé les affaires de golf trop loin au fond de la housse, alors j’ai fouillé dans le noir et j’ai presque réveillé le compartiment. Le café pris trop tard en gare m’a laissé l’endormissement lourd. J’ai payé ces trois oublis d’un seul bloc.

J’ai compris, un peu tard, qu’un train de nuit mal préparé me coûte plus qu’une chambre. J’ai même envisagé d’abandonner ce format pour le retour. J’ai fini par garder l’idée, mais seulement parce que je voulais revoir mon propre protocole. Le doute n’a pas duré longtemps, mais il a pesé.

Je n’ai pas cherché à me raconter une belle histoire. J’ai regardé la housse, puis le quai, puis mon reflet dans la vitre. J’ai hésité à reprendre une voiture pour repartir plus propre. Sur le moment, la fatigue parlait plus fort que ma curiosité.

Au bout de la semaine, ce que j’ai retenu pour arriver en forme au stage de golf

Sur les deux trajets, j’ai tenu 4 h 32 d’un côté et 4 h 18 de l’autre, soit une moyenne de 4 h 25. Quand le train est parti dans de bonnes conditions, je suis resté au-dessus des 4 heures, mais la fatigue est restée nette au réveil. Le matériel, lui, arrivait complet, sans hôtel de transit ni rangement en double. Le stage n’a jamais perdu une matinée de route.

Avec mes deux enfants désormais adultes, je vois mieux la valeur d’une matinée sans conduite. Je ne parle pas de confort abstrait, je parle d’énergie gardée pour le premier seau. C’est là que le train gagne un point. Le gain m’a paru simple à lire.

J’ai corrigé trois choses d’une nuit à l’autre. J’ai pris les bouchons d’oreille, le masque, et j’ai réservé la couchette basse dès que j’ai pu. J’ai aussi gardé les chaussures, le gant et le polo dans la partie haute du sac, accessibles d’un seul geste. Le matin suivant a mieux démarré.

La housse a cessé de bloquer le passage quand je l’ai rebasculée de biais. Le matin, je me suis changé plus vite et j’ai moins réveillé les autres. J’ai aussi bu l’eau avant de quitter la voiture, pas dans la gare. Le réveil restait sec, mais il me coûtait moins.

Je retiens ce mode de transport pour un golfeur qui accepte une nuit cassée et qui part avec le sac prêt. Je le vois moins bien pour un stage où le premier départ tombe trop tôt. Pour quelqu’un qui cherche juste à gagner du temps, j’ai trouvé ces cas plus clairs que les autres. J’ai préféré trier les profils avant de trancher.

  • le golfeur intermédiaire qui accepte de démarrer avec les épaules raides
  • le pratiquant qui a déjà préparé sa housse et rangé ses chaussures
  • le stage avec une marge avant le practice du matin
  • la voiture ou le train de jour avec hôtel quand la nuit cassée pèse trop

Au final, je suis rentré de ce stage avec un constat simple: le train de nuit m’a fait gagner une nuit d’hôtel, mais pas une vraie fraîcheur dans les jambes. Au Golf de Saint-Donat, j’ai joué mes premières balles avec le sentiment de traîner encore la nuit dans le dos. Pour quelqu’un qui accepte de partir avec 4 h 25 de sommeil réel et de ménager sa première séance, le format tient; pour une fatigue qui s’installe plusieurs jours, je laisse ce cas à un avis médical. C’est ce verdict que je garde.

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