Mon gps de rando vibrait froid dans ma paume, au col de la Schlucht, et l’écran pâle clignotait sous le vent de 7h30. Je suis parti vérifier la trace GPX en pensant tenir la journée, puis l’appareil s’est éteint après deux heures d’usage modéré. Dans mon travail, j’ai voulu voir ce qu’un modèle à 150 euros valait vraiment sur trois jours dans les Vosges.
Comment j’ai organisé ce test sur le terrain
Je suis parti de Mulhouse avec un portage léger et trois jours d’autonomie en tête. Quand je pars avec mes deux enfants désormais adultes, je garde la même logique, peu de gadgets, une trace simple, et un sac qui ne tire pas sur les épaules. Dans les Vosges, j’ai marché avec 5 °C au lever, puis un ciel clair en altitude, et j’ai suivi une trace GPX sans détour inutile. J’avais un fond de carte topo allégé, parce que je voulais voir si l’appareil tenait sans me compliquer la lecture.
Le boîtier valait 150 euros, avec un écran LCD, des boutons physiques et une batterie lithium-ion annoncée pour 15 heures. J’ai noté aussi un port micro-USB un peu lâche, et ce détail m’a inquiété avant même le départ. Le fond de carte restait simple, presque dépouillé, et je l’ai pris comme un bon terrain d’essai, pas comme un usage confortable. À force, j’ai appris à regarder le geste avant le discours.
J’ai allumé le GPS au départ et à chaque pause, jamais plus. J’ai réglé le rétroéclairage autour de un tiers environ, puis j’ai coupé l’écran entre deux vérifications. Je n’ai gardé l’enregistrement continu que sur les passages où la trace devenait moins claire, surtout près des replats et des zones de cailloux. Avec cette cadence, je pouvais comparer chaque réveil de l’écran à la baisse réelle de la jauge.
Le jour où j’ai senti que ça déraillait
Le deuxième matin, j’ai sorti l’appareil du sac avec les doigts déjà froids. La jauge annonçait la grande majorité, mais je l’ai vue descendre par à-coups, avec un saut brutal après le démarrage à froid. J’ai aussi senti le petit bruit sec du bouton, et la trappe ne me donnait pas une impression solide. Le genre de détail qui paraît mineur au bivouac, puis qui prend tout son poids au prochain allumage.
Après 2 heures d’utilisation intermittente, la batterie est tombée à une petite part, puis extinction complète au moment d’ouvrir la carte pour recalculer la trace. J’ai eu le réflexe de rallumer une seconde fois, et l’écran noir est revenu tout de suite. J’ai été frappé par la vitesse de la chute, parce que la veille la jauge semblait encore tranquille. Là, je n’étais plus dans une impression, j’avais une panne nette sous les yeux.
Le froid du matin a pesé plus que je ne l’avais prévu, et j’ai vu la jauge tomber plus vite dès que j’activais la carte. L’écran restait lisible de face, mais le soleil rasant m’obligeait à monter un peu le rétroéclairage. J’ai alors compris le piège classique, la carte affichée trop longtemps mangeait la batterie bien plus vite que les simples vérifications de cap. Dans les passages de forêt dense, ma trace faisait de petits écarts, puis se recollait dès que le ciel se rouvrait.
Au bivouac du deuxième jour, j’ai fini par ouvrir le logement batterie pour vérifier ce que je soupçonnais. Le cache batterie ne fermait pas parfaitement, avec un léger jeu du câble de charge qui a pu provoquer des redémarrages intempestifs et une perte d’énergie. J’ai entendu un très léger cliquetis quand j’ai secoué le boîtier, et ce bruit m’a paru plus parlant que l’écran noir. Je ne sais pas si ce défaut touche tous les exemplaires, mais le mien me laissait clairement un doute.
Ce que j’ai constaté après avoir ajusté l’usage
Après ça, j’ai baissé franchement le rétroéclairage et j’ai laissé l’écran éteint entre deux points. J’ai vu la différence dès l’étape suivante, parce que la batterie a tenu jusqu’au camp du soir sans chute brutale. J’ai gardé l’appareil au chaud dans la poche intérieure pendant les arrêts, et la jauge a cessé de sauter comme la veille. Ce réglage m’a paru plus utile que n’importe quelle promesse écrite sur la boîte.
J’ai aussi préparé les traces la veille, en réduisant les fichiers GPX les plus lourds et en évitant les cartes trop chargées. Je me suis retrouvé avec un défilement plus net et moins de gel au zoom. Quand j’avais plusieurs itinéraires ouverts, le boîtier traînait un peu, puis revenait à un comportement plus fluide dès que je simplifiais. J’ai fini par comprendre que la lourdeur venait moins du satellite que de ce que je lui demandais d’afficher.
| réglage | ce que j’ai vu | effet |
|---|---|---|
| rétroéclairage à un tiers environ | j’ai gardé l’écran lisible sans le laisser allumé | la batterie a tenu jusqu’au camp |
| trace GPX allégée | j’ai limité les lenteurs au zoom | moins de gel |
| cache batterie contrôlé | j’ai évité un faux contact au départ | moins de redémarrages |
Avec l’habitude, j’ai aussi pris le temps de vérifier le cache batterie et le port de charge avant de repartir. J’ai noté ce léger jeu dans le boîtier, parce qu’un faux contact peut donner l’impression d’une panne complète alors qu’il s’agit par moments d’un simple souci d’alimentation. Cette vérification m’a évité de repartir avec un doute qui aurait plombé la montée.
Mon verdict sur ce gps à 150 € et pour qui il peut convenir
Ce que j’ai gardé de meilleur, c’est la vitesse d’accroche des satellites. Au col ou sur une crête, le fix arrivait vite après une nuit éteint, et j’ai apprécié les boutons physiques avec les doigts froids. J’ai pu lancer la trace sans batailler avec l’écran, même quand je portais mes gants fins. Sur une sortie simple, avec carte allégée et écran ménagé, le GPS m’a tenu une vraie journée de marche.
Mes limites sont plus nettes que mon enthousiasme. Le froid fait tomber la batterie plus vite, le port de charge me paraît fragile, et la cartographie rame dès que j’empile les traces. J’ai aussi vu des reboots après une pluie fine, un peu de condensation dans le sac, ou un choc quand le boîtier bougeait dans une poche. Le résultat est simple, je peux croire à une panne franche alors que le souci vient du boîtier ou de l’alimentation.
J’ai surtout retenu qu’avec le rétroéclairage baissé, l’écran coupé entre deux vérifications et des traces préparées la veille, l’appareil tient mieux. Je l’ai trouvé trop fragile pour un trek où je veux oublier la charge et avancer du col de la Schlucht au Hohneck sans arrière-pensée. Je suis rentré avec une impression nette : ce modèle a sa place sur des sorties simples, mais son boîtier reste capricieux.



